
A la tombée de la nuit ou au lever du jour, elle entre en chasse.
Car oui, seule la femelle s'en prend à nous. Le bourdonnement lancinant de ses ailes, fendant l'air est une alarme annonçant une menace que l'on parvient à localiser que lorsqu'il est trop tard.
Car au moment où elle se pose sur notre peau pour passer à l'attaque, le silence retombe. On ne l'entend plus! Elle déploie ses six aiguilles microscopiques de sa trompe. Deux d'entre elles scient l'épiderme. Deux autres maintiennent la plaie ouverte. Une cinquième aspire 3 à 5 milligrammes de sang. Dans le même temps, la sixième injecte sous la peau une salive contenant un anticoagulant afin de réduire la douleur pour éviter que l'on l'aplatisse séance tenante.
Le moustique ne recherche pas notre sang pour calmer une fringale, mais pour permettre à ses œufs de se développer. Ce qui ne signifie pas qu'il n'a pas ses préférences ...Les groupes sanguins O, les peaux parfumées, ceux qui expirent davantage de CO2, ceux qui sentent des pieds, qui ont une température corporelle plus élevée ou qui portent des vêtements colorés. Mais au bout du compte sur quelques 3000 espèces de moustiques à peine 10% piquent l'humain.
A l'origine, les espèces qui perturbent aujourd'hui nos nuits et menacent notre santé étaient de paisibles habitantes des forêts. Elles déposaient leurs oeufs dans les flaques d'eau logées aux pieds des arbres et préféraient le sang des animaux sauvages. Puis l'être humain s'est mis à défricher, à construire et à urbaniser à grande échelle. Les moustiques n'ont eu d'autre choix que récrire leur patrimoine génétique et leurs goûts.
Si les moustiques sont difficiles à repousser aujourd'hui, parce qu'ils se sont transformés au fil du temps en infaillibles détecteurs d'êtres humains. Pour le moustique , l'être humain et son environnement sont l'équivalent d'un supermarché! ( L.Vosshall - Neurobiologiste)
Le moustique est un extraordinaire vecteur de maladies comme le paludisme, la dengue, la fièvre jaune, le virus Zika, le virus du Nil ou encore le Chikungunya. Si l'élimination de tous les moustiques paraît hors d'atteinte, cibler les espèces responsables des maladies semble tout aussi compliqué.
Aujourd'hui, sous l'effet du réchauffement climatique le moustique tigre est à l'assaut de l'Europe ( vecteur de la dengue, du chikungunya). Il est actuellement présent dans 30 des 45 pays d'Europe.




A retenir pour se protéger des moustiques.
Porter des vêtements longs et couvrants
Dans les pays où sévi le paludisme, dormir sous une moustiquaire (imprégnée ou non) et bordée autour du lit.
Répulsifs , bien respecter les restrictions d’usage. Ne pas pulvériser un spray à côté d’aliments ou d’une flamme. Ne pas appliquer sur une peau lésée, blessée ou près des yeux et de la bouche
En journée, appliquer en premier la crème solaire puis 30 minutes après le répulsif. Renouveler l’application après la baignade.
Quand il n’y a plus de risque de piqure, laver la peau à l’eau et au savon.
Les bougies à la citronnelle ont un intérêt très limité à l’extérieur.
Pour se prémunir contre les piqûres de moustiques-tigres, il est conseillé d’utiliser des huiles essentielles d’eucalyptus citronné et de géranium rosat.
Pour compléter la protection cutanée, l’utilisation d’un insecticide vêtement est aussi indiquée dans les zones infestées. Les produits insecticides vêtements permettent d’éviter les piqûres de moustiques de façon efficace. Dans la journée, le port de vêtements longs et amples limitera les occasions de piqûres.
Il convient de limiter dans la mesure du possible les activités en extérieur en fin d’après-midi, au crépuscule et à l’aube.
Attention, les huiles essentielles peuvent causer des irritations cutanées et une photosensibilisation ; elles peuvent êtres allergisantes et parfois toxiques. Elles sont à manipuler avec attention chez l’adulte et ne sont pas recommandées chez le jeune enfant.
Les bracelets anti-insectes, peu efficaces, ont un effet très localisé et présentent un risque de contact avec la substance biocide.
A l’intérieur : La prise électrique de diffusion d’insecticide a un périmètre d’action limité et génère une diffusion en continue de biocide ce qui n’est pas souhaitable. Le spray ambiant insecticide à base d’huiles essentielles aura une efficacité très relative.
La bombe aérosol (ou le spray) contenant un biocide à base de pyréthrinoïdes est efficace mais son usage est à restreindre à des situations très ponctuelles d’infestation forte dans une pièce.
Les plantes vendues comme répulsives (géranium, thym, citronnelle, lavande…) ont une efficacité relative qui n’empêche pas toujours les moustiques d’aller piquer.
Les lampes bleue ou à UV et les appareils sonores à ultrasons ne semblent malheureusement pas efficaces selon la plupart des essais réalisés par des associations de consommateurs.
Les rubans, les papiers et autocollants gluants sans insecticide présentent l’inconvénient de ne pas être sélectif tuant quantité d’insectes non-ciblés.
Le serpentin fumigène est à réserver strictement à un usage extérieur hors de la présence de jeune enfant du fait des émanations de fumées et du risque de brûlure.